Lettre à une amie (extrait)

29 janvier 2025

Extrait d’un courriel à une amie

Suivi d’une mise à jour

 

Puisque nous parlons d’écriture…

 

Depuis quelques semaines, je suis hanté par une idée dont je croyais m’être débarrassé depuis au moins 20 ans.

Celle de coucher par écrit le raisonnement qui a été au cœur de mes réflexions politiques.

 

Je n’en ai à peu près jamais parlé, mais il y a une image qui n’a cessé de me suivre, depuis les années 80 – depuis Reagan et depuis Mulroney et ses alliés péquistes et depuis la montée de Thatcher, et de Le Pen et Cie, en Europe.

J’avais résolu de ne jamais l’énoncer au complet parce que je ne croyais pas qu’il était possible que j’aie raison : que cette « image » (ce raisonnement) soit juste.

 

Cette image, c’est celle-ci :

Les régimes autoritaires dont les premiers bourgeons apparaissent à cette époque ne pouvaient avoir qu’un seul avenir — cataclysmique. Et cela m’a immédiatement frappé.

Parce que, tout simplement… l’appétit de puissance, quand on le libère, est sans limite, et que la technique permet justement, aujourd’hui, de se livrer à lui, cet appétit, pieds et poings liés, avec des moyens qui jusqu’à présent étaient inimaginables.

 

Pendant quarante ans, j’ai donc observé… presque jour après jour… la bête qui avançait vers le gouffre – les deux Bush, le Tea Party, puis à présent Trump et Trump Ultra. Et Orban, et Farage, et allez donc.

Et j’ai bien l’impression que, cette fois-ci, aux USA il n’y a plus de porte de sortie autre que celle de la violence sociale.

Je suis surpris presque chaque jour que ça n’ait pas encore pété.

 

Or…

Quand ça va péter… ça risque de péter TRÈS fort.

Et de ne certainement pas s’arrêter à la frontière canadienne.

 

Au fil des décennies, le « QC martien » comme je l’appelle a pu survivre et vivoter parce qu’au fond le Canada est très très blood et bons gars. C’est ainsi que le fond extrêmement réactionnaire du nationalisme d’ici – fond généralement camouflé sous le maquillage de la langue et caché derrière des personnages politiques très portés sur le passif-agressif, profondément méprisants mais à la voix geignarde – a pu survivre, par exemple, à la défaite de ses amis européens, au terme de la deuxième Guerre mondiale.

 

Ma crainte – croissante au fil des décennies — était donc celle-ci : que si l’image que j’avais de la course vers l’abime était fondée, si la violence allait un jour se déchainer aux USA, et si elle allait déborder de notre côté de la frontière… il ne faisait aucun doute que le Qc nationaliste s’alignerait en très très grande partie sur l’extrême-droite américaine.

 

Autrement dit :

Si jamais le couvercle politique saute aux USA et que la sauce coule jusqu’ici… le Qc réactionnaire va enfin, après si longtemps, pouvoir prendre ses aises et cesser de faire croire qu’il aime la démocratie et l’État de droit.

 

Or, si jamais l’extrême droite américaine allait être vaincue au terme de cet affrontement terrible (ce dont, à tort ou à raison, je ne parviens pas à douter), le Qc nationaliste serait à n’en pas douter irrémédiablement balayé par les vainqueurs.

 

La seule paille à laquelle peut-être s’accrocher en attendant : la culture. Développer un regard humaniste sur la culture – par opposition à une culture qui est un simple prétexte au chantage politique et que de tous temps nous avons connue.

 

C’est pour ça, que j’ai consacré tant de temps et d’énergie à tenter – en vain – d’aider la cause de la culture d’ici.

 

Tout ça pour te dire que je suis sidéré de voir ces jours-ci toutes les images nées depuis plus de 40 ans s’animer en même temps avec une immense force : la CAQ de l’inculte et geignard Legault qui sabre à tous vents dans les arts, les hommes politiques et médiatiques québécois, de toutes parts, qui se jettent à plat-ventre dans la boue devant Trump… et la soupe qui chauffe chez nos Voisins du Sud. Qui chauffe. Qui chauffe. Et qui va bien finir par nous péter en pleine face.

.

29 janvier 2025

____________________________________

 

Mise à jour – 9 février 2025

.

Deux entrevues, histoire d’un peu illustrer comment avancent les choses.

 

Le premier : suite à l’assaut de 2020 sur la Capitole de Washington DC.

(Au sujet de Carl Bernstein. En françaisEn anglais)

.

Le deuxième : quelques jours à peine après la seconde intronisation de Donald Trump.

(Au sujet de George Conway)

.

.


.

4 commentaires sur “Lettre à une amie (extrait)

  1. J’avoue que je suis étonné par le pessimisme, pour ne pas dire le fatalisme de ce texte. Je le trouve rationnel a bien des égards, et juste dans assentirons du libéralisme, qui n’est pas qu’économiques, mais qui s’est installer en culture avec les conséquences que l’on constate. Mais du même coup, dans sa vision d’un futur qui se déploie et des conséquences attendues, je ne peux que m’inscris en faux. En premier lieux, j’ai une forte résistance a des récits linéaires : et cela en est un, qui triche par certains oublie- que l’on peut prétendre marginal tel l’aspect plutôt socialist du PQ à la Lévesque – bien que j’admette que ceci ne prêtant pas tout dire, j’ai ce malaise. La ligne droite n’est que temporaire et les possibles ne répondes pas a des lois d’accumulations, nis a quel que lois connues. Ce fatalisme a des alures de profécies et d’une manière que je m’explique difficilement, a une audeurs de nostalgie. Je sais, mon humanisme larmoyant montre son jupons, mais je crois que cette constatation tiend d’une résignation qui ne prend pas compte de la complexités. – Ils me semble tout aussi possible que de tout ce qui viens d’être énumérer, puisse resortir une plus grande collaborations entres de grand segments de la populatrion, tout comme a un raliment des pays d’Oeropes envers le Canada affin qu’ils ne sois avaler par le gouffre que tente de crouser l’équipe Trump et son messieux X. – Il en vas du poeuple Québécois, comme de tout poeuple qui a connus une périodes plus ou moins longue de théocratie voiler; il y a un fond réactionaire qui someille d’un someil léger. Il est fort possible que mon opposition a ce constat viennes d’un besoins de croire en l’eistence et a un future viable, ceci, pour ne pas perdre pied. Je le conscède, mais mon sentiment n’en demeur pas moins encrer dans une certitude qui m’étonne, d’un bascule qui s’anonce par toute cette grisaille. Un bascule plus qu’un retour du balancier; en frétillement de cendre du Phénix, tant il me semble improbable que la déshumanisations puisse attindre une forme plus forte sans qu’il y est révolte et qu’un souffle bienveillant d’humaniter en jaisse. Je rêve? Possible, de moins je tien a ce partage, même si ils s’alimentes plus d’impressions peut définie, bien plus que de faits visibles ou d’images concrètes. – Je manque peut-être d’imagination: mais je persiste et signe, a l’improbable du possible nous sommes tous sujets. – R.B. 30 janv-2025.

  2. C’est comme parler des changements climatiques alors que l’option drill baby drill est reporté au pouvoir, c’est tellement linéaire…pour ne mentionner que cet angle.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.