Au pays des Crétins (élus en bonne en due forme)

ATTENTION !

CRISE DE (TRÈS) MAUVAISE HUMEUR, DROIT DEVANT !

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En ce moment, l’état de Montréal, en tout cas au centre-ville et juste autour, est parfaitement dément.

De toutes parts, rues éventrées durant des éternités;
Travaux de toutes sortes, gênants et extrêmement bruyants, à tous les trois coins de rue ou peu s’en faut;
Trottoirs délabrés, casse-gueules à l’année et qui en hiver sont, au surplus, tellement mal déneigés qu’ils sont souvent aussi glissants qu’une patinoire en pente (ne soufflez pas l’idée à nos crétins d’élus, ils sont très largement assez caves pour aller en faire construire une en plein milieu du boulevard Décarie) —
Depuis quelques années, moi qui ai toujours été un grand marcheur, je ne peux absolument plus traverser l’hiver sans crampons — pour la première fois de ma vie !

On continue !
Meutes – ou nuées – de tabarnak de cyclistes qui ne respectent strictement aucun règlement ni – bien évidemment – la moindre règle du plus simple savoir-vivre, et foncent partout : sur les trottoirs, faisant fi des feux rouges et des Stop, dans les parcs (y compris sur les pistes censées leur être interdites), sur les rues fort trompeusement qualifiées de « piétonnes », en se crissant à fond la caisse de tout ce qui n’est pas monté sur deux roues ! Pour les esties de cyclistes montréalais et en particulier pour les crétins militants du dérailleur, le marcheur appartient par nature à une race inférieure qui non seulement ne mérite pas la moindre trace de respect mais ne vaut même pas un regard.


Rajoutez à tout ça, ces jours-ci : l’idiotie des Championnats de cyclisme sur route… en pleine rentrée scolaire, sacrament, qui bloque carrément au moins trois (TROIS) quartiers latins de Montréal et enclave au bas mot des milliers de personnes.
Au moment où j’écris ceci : sur l’avenue des Pins, PAS UN SEUL point de traverse n’est ouvert entre St-Denis et Parc ! PAS UN SEUL !
« Ils » (les décérébrés de l’hôtel de ville) auraient pu créer une butte artificielle SUR laquelle les vélos auraient pu foncer et SOUS laquelle les piétons auraient pu circuler ? Non ?
Mais non, pensez-vous, certainement pas – pas à Montréal !
À Montréal, pour les crétins d’élus de toutes tendances, un piéton ça n’existe pas.

Oh, et de grâce, les militants du « À genoux ! Je suis Eddy Merckx ! », le cul pogné dans le lycra comme du boeuf haché entortillé dans le Saran-Wrap, épargnez-moi vos clichés sur l’ignoble automobiliste que je suis certainement.
Non seulement je n’ai pas d’auto, je n’ai même jamais appris à conduire en 71 ans, et n’ai AUCUNE intention que ça change.
L’été de mes 18 ans, je me préparais à me lancer intensivement dans l’entrainement cycliste : j’attendais la réponse de l’École nationale de théâtre suite à mon audition d’admission et comme j’étais convaincu de ne pas être retenu, j’avais choisi cette alternative pour dépenser ma fougue : la compétition. Et j’avais très très hâte de m’y mettre !


Je possédais un magnifique vélo Coppi (du nom de la star italienne Fausto Coppi) dont m’avaient fait cadeau mes deux sœurs ainées.
J’avais de qui tenir : ces deux sœurs, que je suivais depuis des années aux compétitions sur routes et aux Six Jours, avaient, avec des amies, cofondé le PREMIER club féminin de compétition cycliste au Qc.
Ok ?!
Alors vos viarges de crises de vertu bafouée, rentrez-vous-les où je pense, assoyez-vous dessus et spinnez !

Vous en voulez une encore meilleure ?!
Ce n’est pas la première fois, que des championnats cyclistes se tiennent à Montréal.
La chose s’est déjà produite en ’74.
Eh oui !
Et vous savez quoi ?
Un de mes deux sœurettes y a participé, cette fois-là, et… y a fait la rencontre d’un membre de l’équipe nationale d’un pays européen (dont le frère aîné avait fait, sur deux roues lui aussi, les Jeux de Mexico en 1968) – boum, coup de foudre !
Eh bien, cette soeurette, depuis, vit sur un autre continent, toujours avec lui, a eu trois enfants et une trâlée de petits-enfants !

Alors vos clichés à cinq cennes, ravalez-les !

La Presse, 14 août 1974 – page C-2

 

Ce n’est pas contre le cyclisme que j’en ai ! Jamais de la tabarnak de vie !
C’est contre la stupidité arrogante des élus et des admnistrateurs municipaux incapables de se servir de leur mantière grise fort déficiente.
Et contre la sauvagerie des cyclistes – tout particulièrement des militants zélotes de la pédale.

Voyez-vous, il y avait un immense différence, cette-fois-là, en ’74 :
Les championnats, cette année-là, ils avaient lieu… du 14 au 25 août ! Pas à la fin de septembre, bande de bouffons !

Et c’est dans des « détails » (tu parles) comme celui-là, que tout coince :
Bloquer des rues au milieu d’août, c’est une chose.

Mais faire la même chose en septembre, c’est complètement différent. Jusqu’où un quotient intellectuel doit-il s’effondrer pour ne pas le comprendre ?

Même chose à propos des Bixi : faire la promotion du vélo ? Mais je suis pour ! À fond la caisse !
Sauf que…
Lancer sur le marché des milliers de vélos qui seront loués à qui-mieux-mieux par des gens qui ne respectent rien et/ou savent à peine se tenir sur deux roues, et les laisser sans la moindre contrainte ou obligation foncer dans tous les sens alors que les trottoirs de Montréal spnt déjà très souvent BEAUCOUP trop étroits pour les seuls piétons, c’est de la démence.

Mais je n’écris pas ça pour vous convaincre – ce serait peine perdue.
Je me contente de me vider le coeur.

—-

Je me disais, tantôt, en contemplant l’avenue des Pins barricadée comme en vue d’une Prise de la Bastille, qu’il faudra sans doute des décennies avant que qui que ce soit se risque enfin à évaluer les raisons du déclin démographique éminemment prévisible de Montréal.
Ne cherchez pas trop loin : il y en a une, des ces raisons, omniprésente, ces jours-ci, elle crève les yeux : Montréal va se vider à cause de la totale incpacité des gestionnaires à « penser » !

Et je finis ici :

Je suis montréalais de 3e génération, et j’ai toujours aimé ma ville à la folie.
Mais c’est fini.
Dans mon cas (et je suis convaincu d’être loin d’être le seul) les crétins ont gagné : à la permière occasion qui se présente, je fous le camp.
Loin !
Très loin !

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