Kessé ki dit, lui là ? (3e partie)

Septembre 2026

Note

Cet article constitue la troisième partie d’un texte qui reste à être complété – la première se trouve ICI et la deuxième ICI. La quatrième (et, je l’espère très fort, dernière) sera éventuellement accessible par l’entremise d’un lien que j’ajouterai au bas de cette page-ci.

RDD

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III

Commençons par une…

PARENTHÈSE

Pourquoi diable aborder un sujet politique (et donc, par définition, ayant rapport à la collectivité) sous l’angle de l’expérience personnelle, comme je le fais ici ?

Tout simplement parce que
1) le sujet politique en question, le tentaculaire nationalisme québécois, est par nature totalitaire ainsi que l’histoire permet amplement de le démontrer – « totalitaire », ce qui signifie qu’il prétend englober et dominer TOUS les autres sujets et TOUTES les autres préoccupations imaginables, concerner TOUT le monde, et que TOUT le monde serait égal sous l’ombrelle qu’il constitue (sauf, bien évidemment, les smats, plus les chefs de partis, plus leurs commanditaires – certains milliardaires propriétaires de grands médias, pour ne citer au hasard qu’un seul exemple)
2) que, de ce fait, aborder ce sujet polymorphe sous cet angle-ci constitue tout simplement un moyen de se réapproprier sa vie : contrairement à ce que clament les ténors de la Cause jusqu’à nous en donner une indéfaisable nausée, la vie des citoyens ne se borne pas à représenter uniquement un vote en plus ou en moins, dans un sens ou dans l’autre, lors d’un ixième référendum dément parachuté par des obsédés du pouvoir absolu qui en imposent les termes en suivant une logique parfaitement révulsive.

Ce que j’écris ici ne constitue pas un texte de propagande – ne serait-ce que parce qu’il y a déjà longtemps que j’ai renoncé à essayer de faire comprendre quoi que ce soit à qui que ce soit dans cette société idiote, nombriliste et satisfaite.
Il s’agit essentiellement d’un texte que je m’adresse à moi-même – un texte de réflexion sur ce qu’a été ma vie et sur ce qui l’a marquée.
Si sa lecture vous laisse le désagréable sentiment de vous être trompé d’adresse, cliquez ICI, vous vous sentirez immédiatement beaucoup mieux.

Fin de la parenthèse.

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« Ce qui m’intéresse

ce n’est pas le bonheur de tous les hommes,

c’est celui de chacun. »

Boris Vian, L’écume de jours

 

Je vous disais donc…

Qu’en entrant à l’École nationale de théâtre, à 18 ans, je me retrouve instantanément placé face à un discours monolithique qui redéfinit jusqu’au trognon le champ de la politique tel que je me le représentais jusqu’alors : le nationalisme, qui ne m’a jamais vraiment intéressé mais dont j’ai été bien obligé de supporter quand même les incessantes chansons à répondre, litanies et autres lancinantes psalmodies, cesse illico d’être à mes yeux l’un parmi une multitude d’autres des champs de la pensée du « vivre ensemble » pour plutôt prétendre désormais le définir À LUI SEUL.

Le chose provoque rapidement chez moi un fort malaise : le sentiment d’une perte, d’un appauvrissement radical du rapport au monde. Soudain, sous ce nouvel éclairage qui m’est imposé, des pans entiers des lectures passionnantes que j’ai déjà pu faire ou dans lesquelles je suis toujours investi, perdent la presque totalité de leur à-propos. Au premier chef, mes lectures historiques.
Parmi celles-ci, celles que j’ai entreprises au sujet de la 2e Guerre mondiale en Europe et de ce qui a mené à elle. Je suis né 10 ans pile après que ses combats aient cessé, c’est donc dire que dès que vers le milieu des années ’60, dès que j’ai l’âge de lire et de m’intéresser à ce qui passe en dehors de la maison familiale, je tombe sans cesse sur des multitudes de livres et de films sur le thème, qui jaillissent à cette époque en permanence, dans tous les sens, sur des multitudes de sujets tous plus spécialisés les uns que les autres, des camps de la mort aux grands débarquements, de la folie d’Adolf à la Résistance du Vercors, de la la logique de la Gestapo aux entreprises industrielles des SS, en passant par le Traité de Versailles, la crise des assurances allemandes provoquée par les retombées de la Nuit de Cristal et la riche variété des Collabos français.
Comme ces sujets-là ne « nous » concernent pas (sauf, bien entendu, pour dénoncer l’infâme complot des « Anglais » responsables de le tuerie de Dieppe), tenter de les aborder à l’École nationale a toutes les chances de ne rien me valoir d’autre de la part de mes camarades que de sévères froncements de sourcils : « C’est du crossage d’intellectuel, ces affaires-là, mon pit’ – nous autres, ici, c’est pas la cervelle qui nous intéresse, c’est les émotions. Fa ke, slaque la poulie, ok ? »
Soit.

Mais, encore une fois, pas plus que le fait d’abandonner ma définition précédente de la politique pour porter une attention exclusive au discours inédit que je découvre alors, me plier à ces mots d’ordre, explicites ou pas, ne me pèse très lourd sur les épaules. Je ressens la perte, oui, mais elle ne m’accable pas du tout – en tout cas pas pour le moment.
Parce qu’au cœur de ma vie, s’agitent alors deux autres phénomènes capitaux qui à eux deux occupent la presque totalité de mon esprit et de mes énergies : la découverte de l’amour, et la découverte de l’art… comme le désir de lui surgit en nous.

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Dans l’ordre :

Je n’ai jamais eu à « assumer » (quoi que ce terme puisse prétendre évoquer) mon homosexualité. D’entrée de jeu, mon problème n’a absolument rien eu à voir avec ce aspect-là : il a plutôt été de tenter de vivre, et de si possible rester un brin sain d’esprit, à partir du jour où, en écoutant des camarades de classe s’entre avouer leur amour pour les gars, j’ai compris – « Ah tiens, c’est donc pour ça que je me sens si bizarre, ces temps-ci… » – que j’étais moi-même en amour par-dessus les oreilles avec un gars de la classe, avec qui je devais donc passer un nombre d’heure insensé, chaque semaine – y compris en léotard, dans les cours de danse classique, de gymnastique au sol, de ballet et de ballet-jazz… et dans les douches – une pure torture de tous les instants. D’autant plus cuisante que le gars en question était « hétéro », ma chère, c’est-à-dire : qu’il a couché avec tous les autres gays de la classe (sans blague) sans que ça lui pose apparemment le moindre problème, mais qu’il était hors de question que je l’approche à moins de deux mètres, parce que se faire percevoir et tripoter par les autres comme une tranche de steak qui trainait sur le comptoir ne le dérangeait absolument pas, mais que d’avoir à affronter un regard amoureux de la part d’un autre gars le faisait littéralement péter au fret d’angoisse. Un vrai de vrai de vrai gars bien de chez nous, quoi. En tout cas pour l’époque.
De mon côté, la douleur, presque en permanence, était telle qu’en première année j’allai deux fois trouver André Pagé, qui dirigeait la section française, pour lui annoncer que je partais, et pourquoi. Mais ce diable d’homme trouva le moyen de m’indiquer des pistes d’évitement et mille trucs de survie émotive qui me permirent de tenir bon.
Ces visites à son bureau finirent même par devenir un sujet de gag entre nous : moi, entrant dans son bureau en faisant un numéro de tap dance et canotier « J’ m’en vas, j’ m’en vas, j’ m’en vas »… suivi vingt-cinq minutes plus tard par le même show de claquettes et canotier, mais en sens inverse : « Bon ben… ok d’abord, ok d’abord, ok d’abord. »
J’avais bien sûr tant et plus entendu parler de l’amour et des ravages de la passion… mais jamais je ne m’étais attendu à ce que la force du séisme puisse se révéler aussi insensée.
Je me retrouvais fort loin de l’état d’esprit qui m’avait, quelque mois plus tôt à peine, fait miroiter comme envisageable une vie entière à la Perry Mason !

Mais pour puissante qu’elle fut, cette tornade amoureuse était encore fort loin d’être la seule source de mon désarroi TOTAL.
Il y avait aussi la découverte, et les premières approches tâtonnantes, du travail de création.
À la force de ce phénomènes-là non plus, je ne m’étais pas attendu. Et d’ailleurs, eût-on même tenté de me prévenir de ce qui m’attendait… je suis convaincu que je n’en aurais jamais cru un traître mot.

Décortiquer un texte, se l’approprier, y choisir et déduire des points forts, des zones d’accalmie, des respirations, des cadences, des ruptures, pour ensuite ajouter à la trame des paroles le parcours physique indiqué par le ou la metteur en scène, et enfin faire de tout ça une piste sur laquelle éventuellement s’élancer comme le skieur alpin se jette en avant, comme on saute d’une falaise pour dévaler la pente en se faufilant entre les fanions… est une source de joie voire d’exaltation que l’on ne peut tout simplement pas imaginer – il faut l’avoir vécue ! Et même là ! Même l’ayant vécue, l’on peut rapidement en venir à se convaincre de que l’on n’a pu que rêver – et l’on se meurt alors de recommencer. Tout de suite ! Et encore. Et encore.
J’étais complètement accro. À l’envers et à l’endroit, par devant et par derrière, de face et de travers.
(Soit dit en passant…. Imaginez ! Je n’avais à ce moment-là même pas encore tâté de l’écriture qui, en regard du jeu, est cent plus jouissive !)
Autrement dit, aussitôt que je cessais de rêver aux fesses et à la voix, aux yeux et aux mains de mon camarade de classe, c’était pour me mettre à exploser en tous sens dans le travail d’apprentissage de mon art, de vingt manières différentes, pour ainsi dire jour après jour.
Ajoutez encore au lot les cours de ballet – la découverte de la précision dans la détente -, ceux où je devais tenter de marcher sur les mains – la découverte du rayon d’action d’un corps qui jusqu’à présent n’avait été pour moi qu’une patère à vêtements -, ou retenir la séquence d’un kata… la vie était un feu d’artifice continuel — exigeant à la folie, oh que oui, mais qui chaque jour me repayait cent fois de mes efforts.
Ai-je besoin de vous expliquer plus longuement que pour le jeune gars qui depuis sa plus tendre enfance ne s’était rêvé qu’en médecin de famille placide, et dont le champ d’études s’était concentré sur les ribosomes et les fondements de la chimie organique… « La marche était haute en calvaire ! » ?

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Je me retrouvai donc, au total, devant un choix que, dès que j’en saisis la teneur, je refusai catégoriquement de laisser me déchirer : ou bien me braquer à l’encontre de l’omniprésent nationalisme, et de ce fait perdre aussitôt l’accès aux merveilles qui à l’École venait de commencer à émailler mes jours – quand bien même les merveilles en question pouvaient fort bien, par exemple dans les cas des mes amours juvéniles, être douloureuses en chien – ou bien me prêter à fond la caisse à un exercice qui pourtant n’a vraiment jamais été mon fort et pour lequel je ne me suis jamais reconnu le moindre talent : négocier.

C’est comme ça, que j’en vins à formuler le pari imbécile et brillant que j’ai déjà évoqué et dont je tente ici de vous raconter la genèse.
Nous allons y venir. Ne manque plus qu’un petit élément pour que le paysage soit complet.

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Cet élément, c’est celui-ci :

À l’École, je réalisai, en écoutant les discussions, en classe et à la cafétéria, que le nationalisme – ne serait-ce que du fait de sa manie constitutive de toujours tout ratatiner et de toujours faire main basse sur tout ce qui se passe,- me hérissait toujours, MAIS… je me rendis aussi compte, et avec une force terrible, que le produit de cette poudre au yeux idéologique qu’est l’indépendantisme recelait une force insensée qui pouvait le plus facilement du monde être harnachée et mise à contribution politiquement. Et que c’était d’ailleurs précisément à ça que j’assistais chaque jour.
Elle en recelait même une telle, de force, que je me souviens clairement m’être dit, lors d’une de mes séances de réflexion, qu’il était pour l’heure rien moins que chimérique de tenter de lui faire obstacle.

Pourquoi ?
Parce que le travail de création permet de mettre en branle et d’investir des forces telles qu’une option promue et défendue par des artistes prêts à tout, formés « dès le berceau » à une cause, ne peut à la longue qu’entrainer toute une société à sa suite. Ce que je voyais là, c’était ce qui allait se produire sous peu dans l’ensemble de la société.
L’amalgame du culte de l’émotion, du rejet de l’activité intellectuelle et de la canalisation des forces créatrices, tout ça mis au service du nationalisme, NE POUVAIT PAS faire autrement que mener à la victoire du prétexte que les initiateurs du culte de la nation ont forgé : l’indépendance.
En réalité, ce n’était bien évidemment PAS d’indépendance qu’il s’agissait mais de contrôle de la pensée… en EXCLUANT tout ce qui ne cadrait pas dans le plan. Exactement comme jusqu’à il y avait peu, et comme je le comprendrais un jour, c’était de contrôle des consciences qu’il s’était agi des années 1870 jusqu’à 1960 et quelques, sous de creux prétextes tirés d’une religion frelatée PAR CEUX-LÀ MÊMES QUI ONT AUSSI PONDU LE PROJET DE CONTRÔLE NATIONALISTE et présidé au remplacement du crucifix par la fleur de lys.

L’indépendance et les mythes foireux associés à l’idée d’un « presque pays » n’étaient que de leurres, des balounes, et je le savais à 18 ans. Ce n’était qu’un emballage, un vecteur de mise en marché… destiné à faire vendre le biscuit. Mais l’essentiel, ce n’était même pas le biscuit lui-même, c’était, en ayant recours au bon vieux truc pour faire prendre leurs médocs aux enfants, de faire avaler ce qu’il y avait d’enfoui DANS le biscuit : la haine et la peur de la vie, et le culte de l’ignorance… pour tous, sauf pour les puissants.

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Regardez le colonel Alcazar-Plamondon-Pst-Pst bien en face, fixez-le droit dans les yeux : au bout d’un moment, vous verrez se matérialiser derrière lui la silhouette de son confesseur et maitre spirituel, le Gros Mathieu.
Une fois qu’il est apparu, fixez-le à son tour, ne le lâchez pas… et encore derrière lui, doucement, apparaitra le chainon suivant de la généalogie idéologique : Zemmour/Le Pen, que le Gros Mathieu licheux de milliardaires aime tant. Eux aussi, regardez-les bien , le Zemmour et la Le Pen…. et qui verrez-vous prendre forme ? L’ectoplasme d’un Viktor Orban. Puis celui de leur maitre à tous : Poutine – celui pour qui son propre peuple n’est que de la chair à canon.
Le ligne file tout droit.
Elle file tout droit aujourd’hui comme au milieu du 20e siècle elle filait tout droit de Groulx et de ses acolytes jusqu’à Franco et à Mussolini.

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L’essentiel de tout ça, je le compris dès 1973-1974, non pas en tant que réalité concrète et immédiate mais en tant que seule explication envisageable au spectacle insensé que j’avais chaque jour sous le yeux.
Ce que je voyais, ce n’était pas un lieu, c’était une route — même pas : une direction.
Nous venions de… là.
Nous nous en allions… là !
Et tant que la question de la Nation resterait sur la table, bien au centre, c’était sur cette route-là que nous avancerions.
Sur celle-là… ET SUR AUCUNE AUTRE.

Pace que le vide n’existe pas, et que tant et aussi longtemps que le nationalisme ne serait pas vaincu, il continuerait de réapparaitre et de vampiriser la totalité de la société, et le cœur des enjeux.
Aucune aide n’était à attendre d’aucune autre faction semblant participer au débat. Ni les Neutralistes ni les Nationaux Grands Formats n’y changeraient jamais rien… pour l’excellente raison qu’ils ne comprenaient (et ne comprennent toujours en 2026) absolument rien de ce À QUOI CARBURE LE NATIONALISME. (D’où l’air un peu hagard qu’ont généraleemnt peu ou prou les chefs Libéraux provinciaux dès que l’on aborde ce sujet.)

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C’est ça, que je compris autour de mes 18 ans.

Je le vis.
Aussi clairement qu’un nez au milieu d’un visage.
Je le vis.
Mais ce que je vis, je ne le crus pas.

Je le crus même d’autant moins que d’y prêter foi si peu que ce soit aurait sans l’ombre d’un doute signifié d’être éjecté du fantastique monde miroitant où je venais tout juste de prendre pied.

***

Mon pari, je le fis donc pour trois raisons :

D’abord pour ne pas perdre l’accès que je venais de me voir consentir à des merveilles qui me coupaient le souffle, chaque jour ou bien peu s’en faut.

Ensuite parce que je ne parvenais pas à croire que je puisse avoir fondamentalement raison. Je décidai donc d’aller vérifier… tout doucement…. mine de rien… que j’avais tort – pour me démontrer à moi-même que j’étais certainement dans le champ.

Et enfin… peut-être surtout… parce que, par là-dessus, je compris immédiatement ou presque qu’il était parfaitement inutile de tenter de DISCUTER de ce que je voyais là, soupçonnais, ou croyais comprendre.

Pourquoi ?

Parce qu’il s’agissait là de religion, de foi, pure et simple, aveugle (et sourde !).

Tous ces gens ou presque que je fréquentais étaient parfaitement convaincus des actes de foi qu’il récitaient tous en chœur… ils y CROYAIENT ! Dur comme fer ! La raison n’avait rien à faire là-dedans.

Or, il est parfaitement impossible de démontrer qu’il fait erreur à quelqu’un qui est convaincu, par exemple, d’être poursuivi par un fantôme. Si vous lui dites : « Regarde ! Là ! Tourne-toi, là tout de suite, et regarde derrière toi, tu vas bien voir qu’il n’y personne ! »… il sera convaincu après s’être tourné que le fantôme s’est déplacé pendant son mouvement, et est toujours caché derrière lui.
Si vous souhaitez l’aider, vous ne pouvez qu’une seule chose : le forcer à reculer, et encore, et encore, et encore… jusqu’à ce qu’il ait le dos collé à un mur !
Là, et là seulement, il sera bien obligé d’admettre qu’il n’y a personne derrière lui.

Mon pari brillant et remarquablement crétin fut donc celui-ci – adopter désormais ce discours :
« Finissons-on-en bout d’ viarge ! Faites-la, vot’ criss d’indépendance ! Pis contre-câlicez-nous patience ! Vous allez ben voir, après, que ça aura rien arrangé pantoute – au contraire, selon toutes probabilités vous allez vous retrouver plongés jusque par-dessus la tête dans une merde telle que vous pouvez même pas vous l’imaginer ! Allez-y ! FAITES-LA, tabarnak ! —- Pis après ça, si y a quoi que ce soit qui a survécu… passons à d’aut’ chose, pour l’amour du criss ! »
C’est ce que j’appelai « ma thèse de l’indépendantisme ergothérapique ».

J’allais m’y tenir pendant 15 ans.

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(À suivre)

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